le col du Petit-Saint-Bernard : une longue histoire Histoire de l'Hospice

le col du Petit-Saint-Bernard : une longue histoire

  • La naissance d'un grand col :

La roche constituant le col a été réalisé à l'ère jurassique, il y a plus de 180 millions d'années. Puis elle s'est transformée. Elle a subit durant des millions d'années des soulèvements, des mouvements de pression, de compression... 2 unités géologiques se distinguent :
- 1 au nord-ouest composée de cristallin, gypses, serpentinite, cargneules, carbonifère...
- 1 autre au sud-est, appelée zone houillère, composée de schistes noirs et de roches volcaniques.

Enfin, le travail des grands glaciers de l'ère quaternaire (de 2,5 millions d'années à nos jours) a affiné les traits paysagers : le lac Sans Fond, le lac Longet, le lago Verney, le Reclus, la Dora, le creux des Morts... sont autant de cirques, de lacs, de torrents ou de ravins formés par ces glaciers.

 

  • Les premiers Hommes du Col (Ceutrons et Salasses : même origine) :

Les Hommes ne peuvent pénétrer à l'intérieur des vallées alpines qu'à la fin de la dernière grande glaciation (Würm), il y a 10 000 ans.
Les premières traces humaines en Tarentaise peuvent être datées d'environ 2000ans avant Jésus-Crist. Ils appartenaient sans doute à la civilisation de Romedello (Italie du Nord). Les plus importantes trouvailles archéologiques sont des sépultures.

Vers la fin de l'âge de Bronze (1800 à 700 ans avant J-C) se développe la métallurgie. La matière première est importée d'Italie. Encore un témoignage d'échange entre les 2 vallées.

Ensuite, le peuple Celte fait son apparition. Ce dernier va envahir les Alpes. Ainsi vont naître les peuples des Ceutrons (en Tarentaise) et des Salasses (en Val d'Aoste) ; issu tous deux de la même souche Celto-Ligure.

Ceutrons et Salasses devaient sans doute entretenir des échanges réguliers. Pour cela, le col du Petit Saint-Bernard était un endroit idéal.
Le Cromlech (cercle mégalitique), encore visible de nos jours, situé juste sur la ligne de partage des eaux, reste le témoin d'un échange entre Salasses et Ceutrons.

 

  • L'envahisseur Romain :

Il y a 2000 ans, sous le règne de Jules-César, Ceutrons et Salasses se soumettent aux romains. C'est à cette époque que la voie romaine (Vienne-Milan) est créée. Elle passe par l 'Alpis Graia (Col du Petit Saint-Bernard). Tarentaise et Val d'Aoste deviennent un axe de premier plan propice au développement éconimique de cette région. Il nous reste quelques traces écrites de cette voie romaine. Notamment la table de Peutinger qui fût éditée en l'an III (ap J-C). Subsiste aussi, encore aujourd'hui, des traces physiques de cette voie. Elles sont visible de chaque côté du col. Les ruines d'une Mansion, attenante à la voie Romaine, sont encore visible de nos jours. Elles ont fait l'objet de fouilles, dirigées par P.Barrocelli, au début du siècle dernier. Le souvenir de cette époque romaine demeure aussi dans le nom de certains de nos villages : Séez ne doit son nom qu'au fait d'être placé à la 6ème borne milliaire du col du Petit Saint-Bernard.

 

  • La chute de l'empire romain = la naissance des dynasties :

L'empire romain sera prospère jusqu'au Vème siècle où il connaît une certaine décadence. Se succèdent alors plusieurs dynasties se disputant la Savoie. Le Val d'Aoste n'étant pas séparé du sort politique de la Savoie (sauf de 520 à 575). La Maison de Savoie est créée en 1032. Le premier comte est Humbert aux Blanches Mains. La Savoie est élévée au rang de Duché en 1416 avec Amédée VIII, premier Duc de Savoie. Les Val dôtains connaissent alors leurs premiers particularismes. Notamment avec la création d'un organisme de gestion appelé "conseil des commis". Cependant,  le Duc de Savoie garde supériorité sur le conseil. Les privilèges du Val d'Aoste perdurent pendant quelques siècles. Mais à la fin du XVIIIème, le conseil des commis n'a plus aucune fonction.
Durant plus de mille ans, les états de Savoie ont considérablement prospérés, mais ils se trouvent entre 2 grands royaumes qui sont l'Italie et la France. Ces derniers font subir à la Savoie de lourds tribus. Par ailleurs, la Haute-Tarentaise et le Val d'Aoste sont souvent menacés par les troupes françaises ou italiennes voulant conquérir des territoires. En 1630, ce constat obligea le duc de Savoie à établir des bastions. C'est alors que fût créé au col de la Traversette un fort appelé Camp Thomas ; du nom du prince Thomas qui le fît construire.
Nous savons que depuis l'arrivée de l'homme dans les alpes, le col fût un trait d'union entre Tarentaise et Val d'Aoste. La présence romaine en fait un haut lieu de passage, d'échange et de communication. Ce fût tout à la fois une voie administrative, commerciale et militaire. Le col devient maintenant peu à peu un lieu où les dynasties savoyardes s'éfforcent à vérrouiller et à maîtriser le passage. C'est le début de l'instauration de limite entre les deux versants.

 

  • Les reflets de la révolution française au col du Petit Saint-Bernard :

A la fin du XVIIIème, les relations diplomatiques se tendent entre la monarchie de Turin et de la France. Les armées républicaines françaises pénètrent en Savoie. La France annexe le Duché qui devient le 84ème département français (le Mt-Blanc). Les troupes républicaines arrivent en avril 1793 au col du Petit Saint-Bernard où se situe la nouvelles frontière des états Sardes. A cette époque, deux sentiments se distinguent entre les deux versants du col : les républicains côté Tarentaise, alors que les soldats piémontais sont imprégnés de la conviction religieuse et de leur loyauté envers le roi. En 1798, le roi Charles Emmanuel IV, se voit obligé par le général français Joubert de renoncer à l'exercice de son pouvoir sur la Maison de Savoie.
En 1814, le Val d'Aoste est rendu au royaume de Sardaigne alors que la Savoie entière ne luis sera rendu qu'un an plus tard.

 

  • 1860 annexion de la Savoie par la France :

Le roi Victor Emmanuel remercie la France et Napoléon III pour son aide face à l'unification italienne en lui offrant Nice et la Savoie. Le vote du 23 avril 1860 entérine le projet. Les val dôtains, attristés par cette décision, n'ont pour seule consolation la visite périodique des membres de la famille royale issus de la dynastie de la Maison de Savoie.
Les douaniers sont installés au col du Petit Saint-Bernard mais ils fraternisent. La contrebande est encore très présente du fait du lien existant entre les habitants des deux vallées. Malgré cette sympathie mutuelle entre les deux régions, la vie politique entre France et Italie subit de nombreux désaccords. A la fin du XIXème et au début du XXème la menace est réelle. Notamment lors de l'alliance italienne avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. Si bien que de part et d'autre du col sont créés des bataillons de chasseurs à pied. En 1882, au col de la traversette, est créée la Redoute Ruinée, à quelques centaines de mètres de celle créée en 1760. Mais encore une fois les relations deviennent des liens d'amitié ; même au sein des bataillons transalpins.
A l'aube de la 1ère guerre mondiale, l'Italie déclare sa neutralité. Cette menace écartée, plusieurs milliers de Tarins vont combattre sur le front dans l'Est de la France.
Mais une autre histoire attend les Val dôtains et les Tarins dans les années futures...

 

  • Reflet de la 2ème guerre mondiale au col du Petit Saint-Bernard :

A l'aube de la 2ème guerre mondiale, les italiens redeviennent menaçants. Des tensions subsistent entre France et Italie. Mussolini interdit à tous Val dôtains le travail saisonnier en France. Sur le col du Petit Saint-Bernard, les Italiens établissent des constructions défensives : terrassements, blocs anti-char (encore visible de nos jours).
Notons toutefois que les liens amicaux internationaux sont enracinés depuis des millénaires. De plus, de nombreux soldats Italiens ont de la famille côté français (encore un témoignage d'amitié, s'il en fallait, entre les deux versants du col). Par ailleurs, les Val d'ôtains ayant gardé leur particularité envers l'état italien, ont du mal à comprendre pourquoi ils devraient se battre contre les français.

En septembre 1939, Hitler déclare la guerre à la France. Le 10 juin 1940, Mussolini déclare, lui aussi, la geurre à la France. Même si la frontière reste calme encore quelques jours, les communes frontières sont évacuées. Toutefois, le lieutenant Dessertaux, occupant la Redoute au col de la Traversette avec une quarentaine d'hommes, sent bien que l'attaque italienne est imminente lorsqu'il apperçoit le déménagement du recteur de l'Hospice, l'abbé Daniel Camos.
Tous les cols frontaliers de la Haute-Tarentaise sont envahis par les italiens. Rapidement ils se rapprochent de la RN90 coupant ainsi toutes possibilités de communication du haut de la vallée vers les territoires intérieurs. Au col du Petit Saint-Bernard, précisément à la Traversette, le lieutenant Dessertaux et ses hommes sont encerclés. Ils sont toutefois bien positionnés et ne veulent pas quitter les lieux ; même à la signature de l'armistice le 25 juin 1940. Leur présence est utile puisqu'ils empêchent la progression de la grosse artillerie italienne en maintenant hors d'état le pont de la Marquise situé sur le plateau du col. Les soldats attendront l'ordre de leur supérieur, le 2 juillet avant de quitter le site. Les chasseurs sortent alors de la Redoute ruinée avec les honneurs et sont salués par les alpini. Les Italiens détiennent désormais 7 communes en Haute-Maurienne ainsi que les communes de Séez, Montvalezan et St-Foy. Une nouvelle frontière est installée avec un poste de douanier à la sortie de Séez. L'ensemble de ces territoires est appelé "zone verte".
En 1943, les allemands subissent de lourds dommages sur de nombreux fronts. Hitler et Mussolini ordonnent la fermeture complète de la "zone verte". Pour la Haute-Tarentaise, ce sont les prémices d'une dure et longue occupation allemande. En effet, après l'infiltration des alliés dans le Sud de l'Italie, Mussolini démissionne. Le général Badoglio signe l'armistice. Les Italiens se retirent mais les allemands envahissent immédiatement toute la Savoie. En Haute-Tarentaise se crée une "zone réservée alpestre" d'Hauteville-Gaudon au col du Petit Sait-Bernard. Mais la résistance se met en place...
Ce n'est que le 4 septembre 1944 que Séez est libéré. Mais les combats font rage encore sur les sommets frontaliers et notamment aux alentours du col du Petit saint-Bernard où les postes stratégiques sont repris un à un. Le 29 avril 1945 est annocée la réddition des troupes italiennes. Un détachement français atteind la Thuile. Le 7ème BCA est heureux de regagner la redoute au col de la Traversette qui était le lieu de leurs entraînements dans les années 30.
Il est à noter qu'il faut attendre le 15 octobre 1948 pour que la frontière soit définitivement installée sur la limite de partage des eaux.

 

  • Le Col du Petit Saint-Bernard aujourd'hui :

Le col demeure le seul moyen de communication entre Tarentaise et Val d'aôste. Mais il n'est plus le principal théâtre d'échange entre les deux pays. Il a été supplanté par d'autres axes tels que le Mt-Cenis, le tunnel de Fréjus ou du Mt-Blanc. Toutefois, la construction de la route nationale (en 1866) en développe considérablement le tourisme. Le col du Petit Saint-Bernard reste donc un haut lieu touristique occasionnant de nombreux passages et il reste le lieu privilégié de rencontre entre Val dôtains et Tarins. Le col a subit l'évolution de l'histoire tout en gardant son caractère d'authenticité. Il a même parfois fait un pied de nez aux hommes qui ont fait l'histoire : difficulté du placement de la frontière. Comme si le col ne voulait et ne pouvait choisir un camp.

Les rassemblements des Ceutrons et des Salasses au Cromlech (symbole du lien entre les deux versants), sont remplacés aujourd'hui par les fêtes qui rythment la vie pastorale. Le célèbre combat des "Reines", organisé chaque année le 3ème dimanche d'août est un exemple de témoignage de la volonté des tarins et val d'ôtains d'entretenir une relation privilégiée. En 1984, la liaison des deux stations de sports d'hiver de la Rosière et de la Thuile, tisse une autre forme de lien entre les communes de Séez, Montvalezan et la Thuile.

Notons également que le déclin chronique de ce lieu après la 2ème guerre mondiale fait réagir les personnalités des deux communes soeurs dès la fin des années 80. dans les années 90, plusieurs programmes européens sont engagés. Les thèmes de la protection du patrimoine et du paysage sont développés.

  • Le Col du Petit Saint-Bernard demain :

L'histoire nous a prouvé que les Hommes ont toujours su mettre en exergue les fonctions d'hospitalités, d'échanges et de communications du col du Petit Saint-Bernard. Ce que le temps ou d'autres hommes ont détruit, ils ont toujours su les faire renaître. Gageons que notre génération et les générations futures seront à la hauteur des nouveaux défis lancés par le 3ème millénaire afin que le col du Petit Saint-Bernard préserve sont authenticité.

A NOTER :

Ouverture de

l'Hospice du Pt-St-Bernard

dès l'ouverture de la route soit :

Mercredi 31 mai

Nos coordonnées :

Bureau Montagne Haute-Tarentaise

Grégory Henry
Fendailles
73700 Les Chapelles

06 62 19 19 76
gregoryhenry@bbox.fr

Retrouvez-nous aussi à Olympic Sports Skiset :

Pour mieux vous servir,
2 magasins à la Rosière :
1 au centre station
1 aux Eucherts

Tel : 04 79 06 88 37

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© BUREAU MONTAGNE HAUTE TARENTAISE